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Méthodes de comptage des cellules du lait

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
Plusieurs méthodes de comptage sont disponibles pour définir les concentrations en cellules somatiques du lait.

La méthode de référence pour le comptage des cellules du lait est la méthode microscopique. Il s'agit, après avoir utilisé des techniques de coloration, d'examiner et de dénombrer au microscope les cellules contenues dans un volume déterminé de lait. Bien que longue et fastidieuse, il s'agit de la seule méthode qui permette de différencier les différentes populations cellulaires.

 

Dans les laboratoires d'analyses (interprofessionnels et des contrôles laitiers), on dispose en routine de méthodes de comptage électronique.

  • Dans les années 80, on a employé des compteurs de type "Coulter Counter" qui comptabilisaient les impulsions électriques créées par le passage de particules (éléments nucléés mais aussi globules gras et particules cytoplasmiques) entre 2 électrodes. Les comptages obtenus étaient élevés et intégraient en grande part les particules cytoplasmiques présentes physiologiquement chez la chèvre. Cette méthode est abandonnée depuis plus de 20 ans...
  • En France, le comptage des cellules somatiques est désormais le plus souvent réalisé à l'aide d’appareils de type Fossomatic ou équivalents.

 

Le comptage électronique

                  

L'échantillon est traité à l'aide d'un mélange de réactif et de colorant (le bromure d’éthidium) de manière à disperser les globules gras et à colorer les noyaux des cellules somatiques. Les cellules sont ensuite exposées au faisceau d’un laser. Les noyaux colorés sont excités et renvoient par fluorescence des signaux lumineux. Ces émissions sont transformées en impulsions électriques qui sont filtrées, amplifiées et enregistrées. La prise en compte de l'intensité des impulsions électriques permet de différencier les signaux résultant d'un bruit de fond (présence de bactéries,...) de ceux attribués aux cellules somatiques. Les impulsions électriques ne sont comptabilisées qu'au-delà d’un certain seuil, puis traduites en termes de concentrations cellulaires après calibration.

 

On distingue des appareils à cytométrie sur disque et des appareils à cytométrie de flux. Dans le premier cas, l'échantillon après traitement est placé sur un disque en rotation. Dans le second, l'échantillon est injecté et entraîné par un fluide vecteur qui permet d'aligner et d'espacer les cellules somatiques en vue de leur dénombrement.

Principe de la méthode opto-fluoro-électronique

 

Ces appareils, grâce à la coloration spécifique des noyaux cellulaires, comptabilisent uniquement les cellules (présence de noyau) et non les éléments anucléés (c'est-à-dire dépourvus de noyau) du lait.

                     

Le CMT (California Mastitis Test)

                 

Une autre technique, semi-quantitative est également disponible. Il s’agit du test au teepol ou CMT.

 

Le réactif utilisé pour ce test réagit avec l’ADN des cellules et mesure ainsi indirectement les concentrations cellulaires.

 

Le principe est le suivant : on mélange dans une coupelle, à parts égales, du lait et un détergent. Au contact du détergent, les cellules sont lysées, l’ADN cellulaire est libéré. Plus le nombre de cellules est important, plus la viscosité du mélange augmente. Le degré de gélification ainsi obtenu peut être défini sur une échelle de notes.

Ce test, moins précis que les comptages cellulaires, peut en revanche être réalisé à tout moment de la lactation, au pied de l’animal et permet donc une appréciation dans l’instant du statut sanitaire de la mamelle.