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Origine des cellules du lait

Publié le par Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
En l'absence d'infection, le lait d'une mamelle saine est stérile, c'est à dire qu'il ne contient pas de bactéries. En revanche, ce lait contient déjà, de manière normale des cellules en nombre limité.

Pour les cellules, deux origines possibles

 

Les cellules rencontrées dans le lait sont des cellules "somatiques" (cellules du corps autres que les cellules qui sont à l'origine des gamètes). Elles peuvent avoir 2 origines possibles :

  • une origine glandulaire (la mamelle) : il s’agit de cellules épithéliales issues du renouvellement du tissu mammaire,
  • une origine sanguine : il s’agit des globules blancs.

 

Une origine glandulaire

   

  • Les cellules épithéliales proviennent de la desquamation des différents épithéliums du tissu mammaire. Elles représentent de l'ordre de 10 % des cellules dénombrées (un peu moins en cas d'infection par des "pathogènes majeurs")
  • Des débris cellulaires peuvent également être observés.
    La sécrétion du lait chez la chèvre diffère en effet de celle de la vache ou de la brebis. Elle est apocrine c’est à dire que la partie supérieure des cellules sécrétrices est décapitée et éliminée dans le lait. On trouve donc dans le lait, de façon tout à fait physiologique, des morceaux de cellules généralement dépourvus de noyaux (on parle de particules cytoplasmiques).
                         
    Ces particules ne sont pas comptabilisées dans les concentrations cellulaires.

 

 

Modes de sécrétion du lait chez la chèvre et la brebis

 

Une origine sanguine

 

Les globules blancs regroupent différentes catégories de cellules qui toutes interviennent dans la défense de la mamelle face aux agressions qu’elle subit. On répertorie ainsi des macrophages, des lymphocytes et des polynucléaires.

 

Les macrophages sont des cellules dérivées des monocytes sanguins. Ils sont capables de phagocytose c'est-à-dire d'ingestion et de destruction de débris cellulaires ou encore d'agents pathogènes. Ils participent à l'induction de réactions immunitaires spécifiques en relation avec les lymphocytes : on parle de "coopération cellulaire".


Les lymphocytes interviennent dans les réactions immunitaires :

  • à médiation humorale : il s'agit de la production d’anticorps par des lymphocytes B,
  • à médiation cellulaire : intervention des lymphocytes T.

 

Les polynucléaires sont des cellules caractérisées par un noyau multilobé et la présence de granules dans leur cytoplasme.
Des tests colorimétriques permettent, selon les caractéristiques tinctoriales des granules, de distinguer des polynucléaires neutrophiles (coloration beige), éosinophiles (coloration rose) et basophiles (coloration bleue). Les polynucléaires neutrophiles constituent la population la plus importante.

Les polynucléaires neutrophiles sont nombreux, mobiles et attirés vers les foyers infectieux par la présence de substances chimiques libérées notamment par les macrophages (chimiotactisme). Sur le site de l'infection, ils vont chercher à phagocyter les éléments reconnus comme étrangers (reconnaissance des éléments étrangers qui sont alors englobés puis lysés c’est à dire détruits). Les polynucléaires ont une durée de vie courte et meurent rapidement après leur action de phagocytose.

 

Les évolutions de concentrations cellulaires sont essentiellement liées aux variations du nombre de polynucléaires neutrophiles.