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Valorisation des coproduits du maïs doux par des vaches laitières

Publié le par Eric Pottier, Benoit Rouillé (Institut de l'Elevage), Jean Legarto, Pascale Pelletier (ARVALIS-Institut du Végétal), Jacques Dubroca (ARPEB (Association Régionale Partenariat Economique Bretagne))
Alimentation - Abreuvement Bovin lait
La culture de maïs doux destinée à l’alimentation humaine concerne environ 25000 ha en France. Après retrait de la partie consommable (6 à 7 tonnes de grains/ha), les résidus (bouts de grains, rafles, spathes et pédoncules) constituent les co-produits (environ 12 à 14 tonnes /ha) valorisables par les ruminants.

Les études zootechniques des années 1980 avaient mis en évidence l’importance de la finesse de broyage et de la matière sèche de ce type de co-produit. Ces dernières années, des progrès ont été réalisés dans le broyage, le pressage et l’incorporation de conservateur au cours du process. Une réévaluation de la valeur énergétique de ce fourrage, par rapport à de l’ensilage de maïs plante entière, était nécessaire en vue d’une utilisation par des vaches laitières en lactation.

 

Dans le cadre d’un essai mené à la station d’Ognoas (ARPEB - 40), du co-produit de maïs doux (CPMD) a été comparé à de l’ensilage de maïs. Le CPMD avec conservateur a présenté une teneur de 22 % de MS environ et un broyage assez fin (70 % des morceaux ont moins de 1 cm). Il a été distribué à volonté à 22 vaches laitières en phase descendante de lactation. La distribution d’ensilage de maïs, de composition normale, à 22 autres vaches similaires, a été volontairement limitée et calquée sur celle du CPMD (le fourrage le moins ingéré).

 

L’ingestion du CPMD a été faible malgré une distribution à volonté. Celle de l’ensilage de maïs a été de même niveau mais avec une distribution limitée entraînant une plus grande concurrence entre animaux. Les productions laitières permises par les 2 fourrages n’ont pas été différentes. Le TP moyen est par contre significativement plus faible (1 g/kg de lait) pour le lait produit avec le co-produit. Les vaches consommant le CPMD ont perdu du poids vif (-190 g/v/j), tandis que celles consommant de l’ensilage de maïs se sont maintenues pendant 90 jours.

 

La valorisation énergétique de l’ensilage de maïs (0,98 UFL/kg de MS) est élevée mais conforme à la valeur maximale de ce type d’aliment lorsqu’il est peu ingéré. Celle obtenue pour le CPMD est par contre plus surprenante (1,02 UFL /kg de MS). Son niveau est sans doute aussi à relier à la faible ingestibilité de la ration.

 

Certains estimateurs de la digestibilité de la matière organique ne corroborent pas cette valeur. Les teneurs en cellulose brute (28,4 % ) et en NDF (58,4 %)du CPMD ne permettraient qu’une digestibilité de 66 %. Celle estimée par la méthode enzymatique (pepsine cellulase) confirme aussi cette hypothèse basse et permettrait une valeur en énergie nette de 0,85 UFL/kg de MS. Tandis que la faible teneur en lignine (1,4 %) et les digestibilités mesurées sur moutons permettraient une valeur proche de 1 UFL/kg de MS. Compte tenu des niveaux d’ingestion faibles et de la présence d’un conservateur, il n’est donc pas tout à fait aberrant de trouver une telle valeur UFL, proche de l’unité. Mais pour autant, elle ne peut être retenue comme la valeur énergétique de référence (équivalente aux tables INRA), car les conditions de mesure n’ont pas été conformes aux conventions de mesures standardisées.

 

Dans les conditions de cet essai, on peut conclure que la valeur énergétique du CPMD a été équivalente à celle du maïs plante entière, mais cette conclusion ne peut être élargie à la valeur alimentaire entière. En somme, à la fibrosité près, le co-produit de maïs doux a des caractéristiques proches d’un maïs plante entière au stade laiteux (22 à 25 % de MS).

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