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Une situation financière toujours difficile pour les exploitations bovines en 2017

Publié le par Hélène Fuchey (Institut de l'Elevage), Benoît Rubin (Institut de l'Elevage)
Coûts de production Revenu des éleveurs Multiperformance - Développement durable Bovin lait Bovin viande
L’Observatoire de l’endettement et des trésoreries, instauré en 2015, permet d’avoir un suivi régulier des résultats des exploitations bovines depuis 2013. Le suivi est réalisé annuellement sur la base de deux échantillons, représentant chacun une période de clôture : les clôtures dites « d’hiver » (octobre - décembre) et celles « d’été » (mars - juin).

Les élevages sont répartis sur 3 bassins : le « Grand-Ouest », le « Massif-Central » (Cantal) et le bassin Charolais ‘’historique’’ (majoritairement Saône et Loire). Le suivi des exploitations est réalisé grâce aux partenariats durables, entretenus avec 5 centres comptables : AFOCG, AS71, Cerfrance Alliance Massif Central, COGEDIS et GIE Entr’AS.

Plus de 770 comptabilités d’exploitations, bovins lait et bovins viande, constituent l’échantillon (constant) des clôtures d’hiver, suivi entre 2015 et 2017. Les résultats sont analysés, par zone géographique. Une répartition par groupes de niveau d’endettement est aussi réalisée. 

 

Elle distingue : 

 

  • Les exploitations ‘’peu endettées’’ : annuités/EBE < 40% et dettes totales/actif < 40%
  • Celles endettées à long et moyen terme avec une trésorerie positive, ‘’ELMT’’ : annuités/EBE > 40% ou dettes totales / actif > 40% ; et trésorerie nette globale positive
  • Celles endettées à long et moyen terme et sans aucune trésorerie, ‘’TNGneg’’ : annuités/EBE > 40% ou dettes totales / actif > 40% ; et trésorerie nette globale négative.

 

 

 

 

Pas de répit pour les trésoreries des exploitations laitières 

 

Le prix du lait est enfin constaté en hausse en 2017 : une hausse de plus de 40 €/1000 l en moyenne. Ceci permet, en moyenne, dans le Grand-ouest, comme en Montagne, une augmentation du produit brut et de l’EBE, malgré une hausse des charges, notamment alimentaires.

 

Dans le même temps, les annuités augmentent timidement depuis 2014 (par exploitation et ramenées aux 1000 litres de lait produit). Elles représentent, fin 2017, plus de 80 € / 1000 l. Ainsi, le revenu disponible s’améliore pour la première fois depuis 2014, mais demeure relativement faible : moins de 20 700 € par UTH familiale en moyenne.

 

En 2017, les exploitations du Grand-Ouest n’ont aucune marge de sécurité. Celles de Montagne dégagent une marge de sécurité raisonnable (15 % de l’EBE), au détriment de prélèvements privés qui diminuent. Dans l’ensemble, les prélèvements privés restent bas, proches de 18 500 € annuels par UTH familiale en moyenne (toutes zones).

 

Les investissements sont stables, et entièrement financés par des emprunts. D’ailleurs dans le Grand-ouest, ces emprunts sont aussi utilisés pour refinancer les investissements passés, et ce pour la 3ème année consécutive. Ainsi, le niveau d’annuités est impacté, et il faudra plusieurs années de meilleure conjoncture pour que les exploitations retrouvent une situation financière saine.

 

En effet, les dettes court-terme des exploitations laitières sont encore en hausse, tout de même un peu moins marquée que les années passées. De plus, les inégalités sont grandes : les exploitations du groupe ‘’TNGneg’’, qui représentent 34 % des élevages suivis (toutes zones), sont les plus en difficulté : elles disposent de dettes court-terme près de 2 fois supérieures à la moyenne (toutes exploitations confondues), qui atteignent 213 € par 1000 litres de lait produit. Leur trésorerie nette globale est d’ailleurs toujours très largement négative et continue de diminuer.

 

 

 

Nouvelle détérioration pour les exploitations allaitantes 

 

Le produit brut des exploitations allaitantes suivies reste relativement stable depuis 3 ans. Par contre, leurs charges augmentent en 2017 : +13 à +23 € par UGB bovin viande (selon la zone). Cela concerne notamment les charges de structure et alimentaires.

 

Ainsi, l’EBE des élevages allaitants est en baisse dans le Grand-ouest et le Bassin allaitant, mais en légère progression en Montagne. Dans le même temps, les annuités demeurent quasiment stables.

 

En conséquence, le revenu disponible connait une baisse marquée dans le Grand-ouest et le Bassin allaitant, mais une petite hausse en Montagne. Il reste faible sur les 3 zones : 16 600 € annuels par UTH familiale en moyenne (toutes zones). Ce niveau de disponible ne permet pas de dégager de marge de sécurité suffisante, quelle que soit la zone, et ce malgré des prélèvements privés toujours restreints : 15 800 € par UTH familiale (moyenne toutes zones).

 

Les investissements repartent, après une baisse marquée en 2016 dans le Grand-ouest et en Montagne. Ils sont en grande majorité financés par des emprunts. L’autofinancement est de nouveau présent en Montagne (à hauteur du tiers des investissements), ce qui correspond à une situation plus habituelle dans cette zone.

 

Par ailleurs, on constate que la part des exploitations endettées à long et moyen terme et avec une trésorerie négative (groupe « TNG neg ») représente 17 % des élevages suivis (16 % en 2016). La situation financière de ces élevages ne s’améliore pas : leurs dettes court-terme sont plus de 2 fois supérieures à la moyenne (toutes exploitations), atteignant en moyenne 654 € par UGB bovin viande présente (contre 344 €/UGB BV). De plus, leur trésorerie nette globale reste toujours très largement négative et continue de se creuser.

 

 

 

 

 

 

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