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Retour sur visite "Robot de traite en pâturage, en test à la ferme expérimentale de Trévarez (Finistère)"

Publié le
Equipements d'élevage Bâtiment Bovin lait Bovin viande Caprin Equin Ovin lait Ovin viande Veau de boucherie

Le robot de traite très présent dans les installations de traite neuves

Depuis les années 2000, les ventes de robots ne cessent de s’accroître. Aujourd’hui en Bretagne, une installation de traite neuve sur deux est un robot. Cet équipement apporte de la souplesse dans l’organisation du travail tout en réduisant la pénibilité physique de la traite. Cependant, il n’a pas que des qualités. Aussi sa mise en place s’accompagne souvent de modifications de la conduite du troupeau. Comme détaillé dans l’étude menée par la CRAB « De la salle de traite au robot » (nov. 2014, Fleuret et al.), sa mise en place engendre souvent une réduction de la part du pâturage. Cependant, pour des raisons économiques et environnementales, maintenir du pâturage présente un intérêt pour les exploitations laitières. Il permet notamment de réduire le coût alimentaire et de viser l’autonomie azotée.

Comment pâturer avec un robot de traite ?

Même si concilier traite robotisée et pâturage efficace est avant tout une question de motivation, de nombreuses questions sont soulevées :

  • Comment maintenir une accessibilité permanente aux parcelles et à la stalle ?
  • Quel niveau de saturation de la stalle ou des stalles pour assurer un temps de présence suffisant en pâture ou en bâtiment ?
  • Quels aménagements et équipements prévoir pour assurer une circulation fluide et régulière ?
  • Quelle gestion des autorisations de traite pour assurer une fréquence et un nombre satisfaisant de traites ?
  • Comment assurer la motivation des vaches à se présenter à la traite en toute période sans avoir recours à une distribution excessive de concentrés ?

 

Un dispositif expérimental de la Chambre d’agriculture de Bretagne

Ce sont les questions auxquelles la ferme laitière de Trévarez essaie de répondre avec son dispositif expérimental. Un principe est retenu : motiver l’animal à passer à la traite par la perspective d’accéder à un paddock d’herbe fraîche. Ainsi, à partir d’une certaine heure, les laitières passées à la traite se voient autorisées, au moyen d’une porte intelligente, à accéder à un nouveau paddock. Les animaux intègrent rapidement ce fonctionnement et circulent plus facilement. La problématique du nombre de changements quotidiens de parcelles, afin de limiter les retours groupés d’animaux, est actuellement évaluée.

La particularité du robot de traite de Trévarez réside dans son caractère mobile. En effet, l’augmentation de la taille des exploitations conduit souvent à un parcellaire morcelé en plusieurs îlots, ce qui réduit la surface de pâturage accessible par animal. Les animaux n’ont alors accès qu’aux parcelles à proximité du bâtiment. Ce phénomène est accentué avec un robot de traite qui nécessite un accès permanent à la stalle et exclut les parcelles trop distantes ou séparées par des obstacles, comme les routes. Une des solutions pour être en mesure de pâturer des parcelles de plusieurs îlots est de déplacer le robot de traite. La  ferme expérimentale de Trévarez disposant d’un parcellaire éclaté a choisi d’installer son robot dans une remorque, pour pouvoir le déplacer entre le bâtiment en hiver et le site d’été sur un îlot de parcelles à quelques kilomètres pour 6 mois dans l’année.

L’objectif de ce dispositif expérimental de « robot déplaçable » est d’évaluer les différentes stratégies de gestion du pâturage et leur impact sur les performances des animaux (production laitière, fréquence de traite, qualité du lait), leur circulation, le travail et le coût alimentaire.

Cette expérience montre qu’un robot de traite déplaçable est un concept réalisable qui permet de valoriser une part importante d’herbe pâturée. Mais la limite se trouve dans l’investissement conséquent nécessaire à la mobilité (remorques, infrastructure sur le site estival) qui doit être compensé par un coût alimentaire faible sur la durée d’amortissement du robot. Il semble cependant possible de concilier traite robotisée et système tout herbe avec un très faible niveau de concentré. Ce dispositif constitue un excellent outil de sensibilisation sur l’intérêt du maintien du pâturage en traite robotisée et permettra d’établir des modes et schémas de circulation fonctionnels et performants afin de valoriser un maximum d’herbe avec un robot, qu’il soit mobile ou pas. Cet équipement expérimental permet en outre de capitaliser sur l’expérience acquise sur le fonctionnement du robot de traite (frais de maintenance et de fonctionnement, type et fréquence de pannes…).

 

Vue d'ensemble de l'aire d'attente. Sur la droite, la porte
intelligente qui oriente les vaches à leur sortie

Les remorques placées parallèlement à l'aire d'attente
sont accessibles depuis la route pour la collecte


Contacts :
> Sébastien GUIOCHEAU

Chambre d’agriculture de Bretagne

> Estelle CLOET
Chambre d’agriculture de Bretagne

> Valérie BROCARD
Institut de l’Elevage