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Quel est l'intérêt d'une supplémentation en blé de maïs fourrage pauvres en MS (30 % MS) ?

Publié le par Philippe Brunschwig
Alimentation - Abreuvement Bovin lait Bovin viande
Des maïs à 30 % MS sont bien ingérés Ces maïs sont encore correctement ingérés, même si la plage d'optimum d'ingestion reste 33-35 % MS. Au delà il y a possibilité d'améliorer l'ingestion à condition que la conservation ne soit pas pénalisée, ce qui n'est pas toujours le cas dans les grands chantiers où la grande taille des bennes empêche d'augmenter le temps de tassement du silo si la teneur en MS le nécessite. Par contre des maïs avec 30-32 % MS à la récolte risquent d'avoir une bonne digestibilité de la matière organique ; leur valeur énergétique devrait être bonne. Dans ces conditions la baisse de quantité d'énergie quotidienne ingérée n'est pas si évidente.

L'apport de blé avec ces ensilages de maïs est possible  

Comparativement à l'utilisation de maïs grain comme concentré, celle de blé dans une ration à base d'ensilage de maïs aura tendance à augmenter un peu l'ingestion totale de la ration (+ 0,3 kg MS), réduire la production laitière (- 1,1 kg lait), augmenter un peu le TB (+ 0,8 g/kg) et améliorer le TP (+ 1,0 g/kg).  

 

 

L'effet varie selon le stade de lactation  

L'enrichissement de la ration d'ensilage de maïs par du blé (2 kg environ) permet :

  • en début de lactation une augmentation de la production laitière (+ 2,0 kg), une baisse du TB de 1,0 g/kg, et une augmentation du TP de 0,8 g/kg,
  • en phase descendante de lactation un maintien de la production laitière (- 0,2 kg) et du TB (+ 0,3 g/kg), et une augmentation du TP de 1,4 g/kg.  

 

Préférer le blé à la pulpe sèche  

Sur un maïs à 32 % MS, l'apport de 3,0 kg de blé à l'auge ou bien de 3,0 kg de pulpes sèches à l'auge est en faveur de l'apport de blé à l'auge : + 1,1 kg de lait, TB -1,1 g/kg et TP + 0,5 g/kg.  

 

Incorporer le blé au silo :une question d'organisation  

 

L'apport du blé au silo sur un ensilage pauvre en MS (24 % MS) à raison de 130 kg de blé par tonne de maïs vert ensilé a permis de produire 1,0 kg de lait en plus, avec un TB plus faible de 2,2 g/kg et un TP amélioré de 0,8 g/kg comparativement à l'utilisation du même ensilage de maïs non enrichi en blé. L'ingestion totale a été diminuée de 1,8 kg MS ; la valorisation de l'ensilage de maïs a donc été améliorée de 11 % par l'enrichissement en blé au silo.  

 

Le point noir de cette pratique est l'incorporation du blé au silo qui nécessite de broyer et stocker une grande quantité de céréale avant le chantier. Ensuite pour l'épandage du blé au silo (au Vicon par exemple) il faut disposer d'un chauffeur et d'un tracteur supplémentaire pour assurer une bonne répartition sur le tas sans pénaliser le temps consacré au tassement du silo. Son intérêt est le gain de temps sur la distribution quotidienne de blé à l'auge.   Si le silo est correctement tassé et fermé, il n'y a pas développement particulier de moisissures. Il reste que des pertes par jus sont toujours possibles, bien que le mélange soit à plus de 30 % MS.  

 

Pour décider, suivre l'évolution du taux de MS avant la récolte  

L'enrichissement en blé à l'auge ou au silo est intéressante pour soutenir la production laitière et le TP avec des ensilages de maïs à 30 % de MS ou moins. Pour des maïs à 30 % et plus, il paraît intéressant de disposer d'une estimation de valeur alimentaire du maïs par analyse sur le vert (référentiel local, analyse particulière) avant de décider de l'enrichissement en céréale. D'autant que pour un taux de MS de 30 % à la récolte, celui au silo sera augmenté de 2 à 3 points en général, avec des bonnes conditions de conservation.