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Présentation de la démarche de la Noardlike Fryske Walden (NFW)

Publié le par Delphine Neumeister (Institut de l'Elevage)
Alimentation - Abreuvement Démarches de différenciation Bien-être Biodiversité et paysage Eau Coûts de production Gestion des effluents Production d'énergie Elevage et Société Evaluation environnementale Equipements d'élevage Qualité des produits laitiers Travail Revenu des éleveurs Bâtiment Economies d'énergie Bovin lait Autre filière Veau de boucherie
Les acteurs et éleveurs d’une association de protection de la nature en Frise ont conçu, mis en œuvre et évalué en partenariat des mesures agro-environnementales de protection de la biodiversité et des paysages de bocage de leur Région, dans des exploitations par ailleurs très intensives à l’hectare et en utilisation d’azote minéral. Ils les ont fait reconnaître par l’Etat et l’Europe.

  

Chiffres clés :

Le NFW en quelques chiffres : -80 % des agriculteurs : 800 adhérents dont 600 éleveurs laitiers, et 200 détenteurs de fermes de loisir. -5 communes impliquées, soit une surface de 50 000 ha 100 % de fonds publics, jusqu’à 15 % étant destinés à faire fonctionner le bureau - 10 salariés pour 6,3 ETP, 16 volontaires et des élus (40 personnes au total)

                                    

Localisation :

Le Woodlands est un paysage de bocage spécifique de la Frise, situé au niveau et à proximité de la Mer du Nord.

Le territoire est confronté à des enjeux pédoclimatiques : le sous-sol y est riche en gaz, entrainant des risques de tremblements de terre et un abaissement du niveau de la terre, et les sols ont tendance à se saliniser.

 

Une association pour accompagner les éleveurs vers davantage de préservation du bocage

L’agriculture hollandaise, à l’image de l’agriculture européenne, a fortement évolué après la seconde guerre mondiale, gagnant en productivité : des exploitations plus grandes (100 vaches sur 70-80 ha), grâce à des remembrements importants ainsi que des vaches plus productives grâce à un système génétique performant (8 à 12 000 kg/an). Ce développement s’est fait au détriment des haies et des arbres, jusqu’à une prise de conscience locale, il y a environ 25 ans, d’assurer leur maintien dans le paysage.

En parallèle, la législation sur l’ammoniac de 1992 entraine le gouvernement à préconiser un arrêt de l’augmentation de la taille des exploitations, ce qu’acceptent les agriculteurs à condition de pouvoir valoriser économiquement le maintien des paysages et de la biodiversité locale.

L’association NFW, initialement composée de deux agriculteurs, voit alors le jour pour appuyer les éleveurs dans cet objectif. En 1995, les ONG et les municipalités entrent dans la réflexion. L’association se fait reconnaitre tout d’abord au niveau national, puis européen via le 2e pilier de la PAC : elle a en charge la redistribution de l’enveloppe du 2e pilier dans la région. Elle regroupe aujourd’hui 80 % des agriculteurs du territoire et une quarantaine d’associations ont développé une activité similaire, touchant près de 80 000 éleveurs aux Pays-Bas.

 

Une association de terrain financée par des fonds publics

Un conseil d’administration, constitué d’un représentant de chaque département et d’un président, pilote le NFW. Une assemblée générale, à laquelle participe des ONG, décide des principales orientations. L’activité technique s’organise autour de groupes thématiques et d’expérimentation en plein champ.  

 

 

 

 

L’association est intégralement financée par des fonds publics, mais certains salariés sont payés directement par les municipalités. Une taxe de 15 % maximum est prélevée sur les aides touchées par les agriculteurs, afin de faire fonctionner le bureau. Quelques financements privés en lien avec des projets spécifiques complètent les fonds de l’association.

 

Une diversité de champs d’action pour une optimisation de l’accompagnement des éleveurs :

Négociation avec l’Etat

L’association a en charge la définition d’un « kit de bonnes pratiques » (méthodes, protocoles etc.) de préservation du paysage et biodiversité, parmi lesquelles l’Etat sélectionne ses priorités qu’il choisit de financer. Le NFW gère ainsi 3,8 millions d’euros par an (soit le 2e plus gros montant aux Pays Bas).

Les éleveurs engagés choisissent celles qu’ils souhaitent mettre en place et contractualisent avec la NFW sur les thématiques suivantes, et touchent un montant unique à l’ha :

 

  • Paysage : entretien des haies – 388 contrats soit 3 600 km d’éléments paysagers
  • Biodiversité : préserver les espaces de vie des oiseaux (« meadow birds ») – 184 contrats soit 3000 ha
  • Oies sédentarisées – 55 contrats, 1 600 ha
  • Eau – 20 ha (démarrage)
  • Terres arables

 

Un système de contrôle interne, associant des membres de l’association, des ONG et les municipalités, vérifie le respect des contrats. Pendant les 6 ans de son contrat, l’éleveur est visité une fois par an par son conseiller et contrôlé une fois par le comité de contrôle. Certains critères sont mesurés collectivement et à l’échelle du territoire (exemple : comptage des oiseaux), d’autres exigent une obligation de moyens et de résultats. L’Etat assure également un contrôle externe des associations.

 

Le NFW appuie les éleveurs dans l’ensemble de leurs activités et démarche :

 

  • Conseil technique
  • Formation
  • Appui juridique, notamment pour les déclarations PAC
  • Défense de leurs intérêts (activité de lobby)

 

Des actions de communication sont organisées auprès du grand public

Portes-ouvertes, sensibilisation dans les écoles, promotion de la biodiversité (ex. : bancs publics interactifs) etc. Des volontaires y contribuent. Le NFW contribue également à certains projets de développement en phase avec ses valeurs.

 

Cette démarche est très axée sur la préservation de la biodiversité, mais aucune des mesures proposées ne vise par exemple à réduire les quantités d’azotes utilisées. Le système de contrôle des fermes : fait en binôme entre des membres de l’association et des ONG ou des municipalités, faible intervention de l’Etat. Des contrats collectifs (un contrat par association ?)