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Perception de l’élevage par la société en France : analyse de la controverse sur l’élevage

Publié le par Elsa Delanoue (Institut de l'Elevage)
Elevage et Société Bien-être Bovin lait Bovin viande Autre filière
Dans le cadre du projet CASDAR Accept, piloté par l’Ifip-Institut du Porc, plusieurs enquêtes qualitatives (focus-groups, entretiens) et quantitatives (questionnaires) ont permis d’identifier les attentes des citoyens français en termes de bien-être des animaux d’élevage.

Quatre thématiques d’incertitudes autour de l’élevage font l’objet de débat au sein de la société :

  • son impact sur l’environnement,
  • la condition animale,
  • le risque sanitaire
  • et le modèle socioéconomique de développement.

 


À partir du croisement des résultats d’études qualitatives et quantitatives, une typologie des différents profils d’individus vis-à-vis de l’élevage a été construite : 2% de la population partage les points de vue « abolitionnistes » (anti-élevage), un quart se positionne comme les « alternatifs » (anti-système intensif mais pas contre l’élevage dans son principe), près de la moitié est proche des « progressistes » (en attente de progrès dans les pratiques d’élevage en production standard), un peu plus de 10% des « compétiteurs » (en recherche de compétitivité pour l’élevage français dans une économie de marché) et environ 3% des citoyens semblent ne pas avoir d’intérêt ou d’avis précis sur l’élevage (Les 10% restants ne peuvent être statistiquement classés dans aucun groupe).

 

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D’après les résultats d’un sondage conduit auprès de plus de 2000 citoyens en 2016, l’attente principale du grand public concerne le plein air : pour une grande majorité de citoyens, tous les animaux doivent avoir un accès à l’extérieur.

Pour eux, c’est lorsqu’ils sont dehors que les animaux peuvent, au mieux, exprimer leur comportement naturel : se déplacer librement, brouter l’herbe, fouiller le sol, etc.

Beaucoup de citoyens doutent de la possibilité pour les animaux de se sentir « bien », ou non stressés, quand ils sont élevés uniquement en bâtiment. Le cas échéant, ils préfèrent l’élevage sur paille ou litière, perçu comme moins artificiel et plus confortable pour les animaux que le caillebottis, avec un éclairage naturel et des ouvertures sur l’extérieur.

 

Ensuite, les citoyens ne tolèrent pas les pratiques douloureuses pour les animaux si la douleur n’est pas prise en charge : coupe des queues des porcelets, écornage, épointage du bec des volailles, castration, etc. Ils souhaitent l’arrêt de ces pratiques dans le cas où des alternatives existent ou, dans le cas contraire, une suppression ou une forte atténuation de la douleur (par anesthésie par exemple).

Ils se montrent également choqués par les douleurs psychologiques qu’ils considèrent ressenties par les animaux, par exemple lors de la séparation des vaches et des veaux en élevage laitier ou l’isolement d’animaux.

Enfin, il ressort des travaux effectués que les citoyens connaissent assez mal les pratiques et les conditions d’élevage, et en ont une image globalement plus négative que la réalité. Mais la mise en débat d’éleveurs et de citoyens a révélé le grand intérêt que ces derniers portent à l’élevage et la confiance qu’ils accordent aux explications du métier données par les éleveurs.

 

 

Le diaporama présenté ci-après a été présenté au Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges le 29/09/2017.

 

[Pour en savoir plus]

Voir l'espace web Elevage et société

Voir le site du projet ACCEPT