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Panorama des coproduits d'intérêt zootechnique

Publié le par MSA (Mutualité Sociale Agricole), Benoit Rouillé (Institut de l'Elevage), Marie-Catherine Leclerc (Institut de l'Elevage)
Alimentation - Abreuvement Veau de boucherie Autre filière Bovin lait Bovin viande Caprin Ovin lait Ovin viande
Globalement, le gisement des coproduits utilisés en France s'élève à 13,37 millions de tonnes de matière sèche (MS) (voir détail des données 2000 dans le tableau 1). Les coproduits peuvent schématiquement se répartir selon 3 grandes catégories : Les coproduits de cultures végétales : 2,39 millions de t MS (17,4 % de la MS totale), les coproduits des industries agroalimentaires : 11,14 millions de t MS (81,1 % de la MS totale) et les coproduits d'origines diverses : 0,21 million de t MS (1,5 % de la MS totale).

 

1 - Les coproduits de cultures végétales

 

Les coproduits riches en ligno-cellulose

Les pailles de céréales, de pois protéagineux et les  cannes de maïs représentent 90 % du gisement de ces coproduits. Ce sont  de loin les coproduits les plus disponibles en quantités.  En réalité,  le tiers de ce gisement n'est pas récolté mais  souvent enfoui  (environ 8 millions de tonnes de pailles de céréales,  la majeure partie des pailles de pois et cannes de maïs). Il contribue  alors à l'entretien humique des sols.  Seule  une faible proportion de ces coproduits de cultures est valorisée  en alimentation animale (autres utilisation : litière, cultures de champignons, exportation, production d'énergie…). Cependant, ce coproduit peut s'avérer très utile lors de périodes  de pénuries et déficits fourragers (année  de sécher esse). Ces coproduits  se caractérisent par leur teneur élevée en cellulose brute et lignine et affichent donc de faibles valeurs alimentaires. Ils ne sont utilisés que par les éleveurs qui les réservent  aux animaux à faibles besoins ou les distribuent comme les fibreux lorsque la ration proposée est riche en concentrés  Incorporés  en faible quantité dans les rations, ils remplacent d'autres fourrages grossiers.

 

Les écarts de triage de fruits et légumes

137 000 t MS de fruits et légumes (dont les pommes de terre) sont destinés à l’alimentation animale car non compatibles avec les cahiers des charges des circuits de commercialisation en alimentation humaine. Ces aliments assez humides sont utilisés directement par les éleveurs en frais ou après stockage.

 

 

2 - Les coproduits issus des industries agroalimentaires

Ils représentent plus de 80 % des disponibilités en coproduits. Leur provenance sont diverses.

 

Les coproduits issus de la transformation des oléagineux

Les différents tourteaux (soja, colza, tournesol…) représentent à eux seuls 45 % du volume total en MS des coproduits utilisés en France. Utilisés à 78 % par les fabricants d’aliments du bétail, ils sont appréciés par les éleveurs pour leurs fortes valeurs azotée et énergétique. Ces coproduits sont issus d’usines de trituration métropolitaines ou sont directement importés (cas notamment du soja).

 

Les coproduits de l'industrie sucrière

Le principal coproduit issu de l’industrie du sucre est la pulpe de betterave (fraîche ou surpressée, elle est alors utilisée directement par les éleveurs ou déshydratée, elle trouve alors son principal débouché auprès des fabricants d’aliments du bétail). Excellent aliment, il est réputé pour ses effets galactogènes.

 

Les coproduits de la filière céréale

Ce secteur fournit 1,805 million t MS de coproduits divers, dont les principaux sont le son et les issues de meunerie. Destinés surtout aux fabricants d’aliments du bétail, ils sont incorporés dans les aliments composés des porcs et volailles.

 

Les coproduits de la filière lait

Le lactosérum, provenant de la fabrication du fromage, aliment riche en énergie (lactose) mais pauvre en azote, est en presque totalité déshydraté (655 000 t MS).

 

Les coproduits de brasserie

Les volumes de coproduits fournis par ce secteur sont faibles (151 000 t MS) mais les produits fournis (drêches séchées pour les fabricants d’aliments du bétail et drêches humides pour les éleveurs) sont d’excellente valeur nutritionnelle (riche en azote).

 

Les coproduits de la conserverie des fruits et légumes

Ce sont les déchets de transformation des usines de conserve, de surgélation et de congélation (peaux, cosses, parties abîmées, pulpes… qui n’entrent pas dans le produit final). Ces coproduits ne sont que partiellement valorisés en alimentation animale (88 000 t MS) car leur conservation est délicate et les coûts de transport jusqu’aux élevages vite dissuasifs.

 

Les coproduits de la pomme de terre industrielle

Hors écarts de triage, l’industrie de la transformation de la pomme de terre génère 58 000 t MS/an de coproduits très divers (pelures, pulpes crues, purée, amidon cru, pulpe déshydratée). Ces produits, en grande majorité humide, sont recherchés par les éleveurs pour leur bonne valeur énergétique (fort pourcentage d’amidon) qui les stockent sous forme d’ensilage. Les volumes utilisés (0,4 % du total des coproduits), encore modestes, tendent à se développer.

 

 

3 - Les coproduits d'origines diverses

Sont regroupés sous ce terme générique les racines d’endives (traditionnellement valorisées en élevages dans les zones de production), les pulpes d’agrumes et de tomate, le marc de pomme, les coproduits issus de la 4ème gamme, les coproduits de la filière viti-vinicole (marc, pépin et pulpe de raisin), les coproduits du maïs doux. Les quantités concernées sont faibles (210 000 t MS) et correspondent le plus souvent à une valorisation de proximité.

 

Des ressources sous-valorisées

Les coproduits utilisés en alimentation animale sont nombreux et variés, et leur intérêt nutritionnel est réel. Mais ils sont largement sous-valorisés et une large proportion (difficile à chiffrer) emprunte d’autres voies comme celles du compost ou de l’épandage. La valorisation de ces coproduits par la filière animale est une voie traditionnelle pour certains d’entre eux (fruits, légumes, pulpes de betteraves, drêches de brasserie…), économique et écologique. Pour ces produits connus depuis longtemps et pour les nouveaux coproduits, leur utilisation en alimentation animale doit s’inscrire dans une logique de partenariat durable entre les industriels et les éleveurs et dans un cadre garantissant la qualité des produits (traçabilité).

 

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