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Ne pas gaspiller l’herbe d’hiver

Publié le par Laurence Sagot (Institut de l'Elevage)
Alimentation - Abreuvement Gestion du pâturage Cultures fourragères Bovin lait Bovin viande Ovin lait Ovin viande
L’herbe d’hiver, quand il y en a, est une ressource à valoriser. Tout ce qui n’est pas pâturé est perdu.

Contrairement aux idées reçues, l’herbe d’hiver présente une valeur alimentaire relativement élevée avec 0,8 à 0,9 UF par kg de matière sèche lorsque son accumulation en sortie d’automne n’est pas trop importante (7 à 8 cm maximum). Dans le cas contraire, la valeur de l’herbe accumulée décroit assez vite sous les effets du climat hivernal. Sous réserve de disposer d’herbe à hauteur du talon de la botte, Il est envisageable de prolonger le pâturage sans pénaliser la production future de la prairie, en particulier en ovins.

En ovins viande, une pratique très répandue

Avec un niveau de chargement de 2 à 3 brebis par hectare sur l’hiver, l’apport de foin et de concentré n’est pas nécessaire pour des brebis viande vides ou en milieu de gestation. Dans les élevages mixtes ovins/bovins, le pâturage derrière les vaches rentrées en stabulation est une aubaine pour les brebis sous réserve de disposer de clôtures adéquates. Dans les deux cas, par rapport à une alimentation avec du foin, l’économie de fourrages se situe à 4,5 tonnes pour 100 brebis pendant un mois.

En ovins lait, une économie de 100 g de concentré par jour

Pour les brebis traites, le pâturage hivernal peut apporter 25 % de la ration sèche ingérée totale. Cette pratique permet d’économiser 100 à 150 g de concentré équilibré par brebis et par jour. Pour les brebis taries, un apport de concentré et de fourrage est ajouté à la ration dans des quantités équivalentes à celles distribuées en début de printemps.

En bovins, à raisonner selon la portance des sols

En élevage bovin, une limite à la mise en œuvre de cette pratique est la portance des sols. De nombreux travaux ont montré que sur prairie permanente et en terrain portant, la dégradation n’est préjudiciable qu’au-delà d’un chargement de 400 à 500 UGB jours par hectare. Ce seuil, qui représente environ 3 bovins adultes présents par hectare pendant toute la durée de l’hiver, laisse beaucoup de marge pour valoriser l’herbe. Les suivis réalisés ont montré que la pratique d’un pâturage tournant avec un apport de foin au sol ou dans un râtelier "fixe" limiter fortement la surface réellement dégradée (moins de 0,5 %). Des systèmes de parcs stabilisés d’hivernage sont actuellement en cours d’essai afin de tester de nouvelles conditions qui permettent de concillier pâturage, bien être animal, travail de l’éleveur et protection de l’environnement.