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En 2018, les promesses des index génomiques sont tenues

Publié le par Pascale Le Mezec (Institut de l'Elevage), Amandine Launay (Institut de l'Elevage), Sophie Mattalia (Institut de l'Elevage)
Génomique Evaluations et index Performances et phénotypes Bovin lait
Le lien entre les index génomiques des femelles et leurs performances apparaît pour tous les caractères étudiés, de façon plus ou moins marquée certes selon les caractères, mais avec une belle régularité, et pour des milliers de femelles.

Les premières observations faites en 2013 et 2014 pour mesurer le lien entre l’évaluation génomique et les performances des femelles montraient sur des effectifs encore modestes que les index génomiques des petites génisses correspondaient bien aux performances qu’elles réalisaient ensuite en tant que primipares.

Cinq ans plus tard, alors que la méthode d’évaluation a connu des enrichissements et que le génotypage s’est beaucoup développé, la même étude est reconduite afin d’évaluer la correspondance entre les index génomiques des jeunes femelles au moment où les éleveurs prennent leur décisions et les performances réelles dès leur première année de production.

Pour les caractères de production et la morphologie, les différences entre classes d’index correspondent à des différences sensibles de performances, dans le sens annoncé. Pour les caractères fonctionnels, cette correspondance existe aussi, mais moins nettement.

 

La note "En 2018, les promesses des index génomiques sont tenues" décrit les données étudiées et présente les résultats obtenus pour les caractères et les populations de femelles suivants :

  • production (lait, TP, TB), fonctionnels (cellules, fertilité, facilité de vêlage, vitesse de traite et tempérament) et plusieurs caractères morphologiques.
  • 15 400 prim’holstein, 7 800 montbéliardes et 2 800 normandes primipares en 2018 et génotypées en 2016.

 

Des résultats intéressants et cohérents dans les trois races de vaches

A nouveau, et sur des milliers de jeunes femelles, les différences entre classes d’index correspondent à des écarts sensibles de performances, dans le sens annoncé. C'est net pour les caractères de reproduction et de morphologie, un peu moins pour les caractères fonctionnels.  

Par exemple :

  • trois caractères héritables :
  • trois caractères fonctionnels :

 

 

Une assez bonne correspondance, en général, entre les index génomiques des génisses et leurs performances lorsqu'elles sont primipares

 

Cependant, il ne faut pas oublier que les réserves suivantes et l’influence forte du milieu sur ces caractères atténuent la relation génomique-performance :

  • les femelles indexées en génomique primipares en 2018, même nombreuses restent des femelles sélectionnées par les éleveurs  ou dans le cadre de programmes de sélection ;
  • les performances mises en relation sont des performances brutes, telles qu’elles sont vues par les éleveurs dans leurs troupeaux, avec toutes les différences de situations parmi ces troupeaux. Elles dépendent aussi d’autres facteurs que la génétique, dont l’influence est variable selon les caractères, les caractères fonctionnels étant les plus soumis à ces facteurs non génétiques. Il n'y aura jamais de parfaite correspondance... que ce soit avec des index génomiques ou des index index sur ascendance. Lorsque les femelles sont en production, les index prennent en compte les performances, et logiquement la relation est meilleure ;
  • pour certains caractères, l’index et la performance mis en relation ici ne sont pas tout à fait correspondants : par exemple en fertilité, le caractère indexé est la réussite des IA, alors qu'ici la performance étudiée est le taux de non retour à 90j, qui en outre est individuellement peu précis (une seule IA par femelle avec un résultat 0 ou 1).