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[2018] Les défis de la fin de traite chez les petits ruminants

Présentation réalisée par Jean-Louis Poulet (Institut de l'Elevage) lors de la Journée Sanitaire Caprine UMT SPR- OMACAP

Publié le par Jean-Louis Poulet (Institut de l'Elevage), Thomas Huneau (C.A. Loire Atlantique (44)), Jérome Chandler, Alice Hubert (Institut de l'Elevage), Renée de Crémoux (Institut de l'Elevage)
Traite Equipements d'élevage Santé Caprin
Au moment de la fin de traite, de nombreux défis sont à relever pour permettre une traite complète et de qualité. Différentes approches sont utilisées pour mieux appréhender cette phase clé de la traite

Parmi les défis à relever en termes de fin de traite, figurent notamment le fait d'éviter la surtraite et les risques associés (attention par exemple à l'intégrité des trayons). Il s'agit donc de réaliser la dépose, qu'elle soit manuelle ou automatique, au bon moment.

          

Débit du lait : des composantes multiples

        

Sur le plan animal, les cinétiques d’émission du lait sont variables en fonction des individus et évoluent en fonction du temps (stade de lactation, âge). On a pu constater qu'environ 30 % des traites présentent un différentiel d'éjection du lait entre les deux demi-mamelles (courbes à deux plateaux). Ce déséquilibre fonctionnel pose d'emblée la question du moment optimal de la dépose : prise en compte de la surtraite dès que le premier côté est fini ou seulement lorsque le second se tarit à son tour.

 

Par ailleurs, le débit de lait observé ne reflète pas seulement l'aptitude de l'animal à donner son lait. Il dépend également de la capacité du matériel à extraire et évacuer le lait et des gestes du trayeur en termes de stimulation à la pose, d'interventions et de manipulation du matériel.

  

Dispositifs de dépose automatique : principes et contrôle

  

Les dispositifs de dépose automatique peuvent reposer sur une temporisation (durée de traite définie ; fréquent en ovins laitiers en France) ou sur une variation de flux (cas des caprins). dans ce dernier cas, on analyse l’écoulement du lait en on évalue le passage du débit en dessous d’un seuil défini.

Les principes de détection du seuil de fin de traite peuvent varier : présence d'un orifice calibré, mesure de la conductivité, détection d'un signal optique,...

Dans tous les cas, différents réglages sont définis : durée de temporisation initiale, en l'absence de lait (pour permettre la pose du faisceau trayeur); seuil de fin de traite ; durée de temporisation finale (durée pendant laquelle l'écoulement du lait reste inférieure au seuil de débit fixé pour la dépose).

         

Les contrôles des déposes (Depos'Traite) ont commencé en 2013 en caprins et doivent avant tout permettre de vérifier l’homogénéité de traite. Les tests Pendant la Traite tels ceux conduits à l'aide du VaDia peuvent permettre en appui aux visites de traite de décrire comment se déroulent les fins de traite. Il spermettent de recueillir des informations précieuses sur les temps de surtraite (par demi-mamelles) et sur les fluctuations du vide.

   

En pratique, que voit-on en caprins sur le terrain ?

 

Observation en fermes :

   

Des suivis réalisés dans 15 élevages du Sud-Ouest montrent une variabilité importante des temps de surtraite aussi bien en dépose manuelle qu'en dépose automatique.

Les valeurs observées avec les déposes automatiques témoignent de dysfonctionnements et/ou de réglages inadaptés. Des recommandations restent à établir en termes de réglages mais l'entretien des déposes entre vraisemblablement aussi en ligne de compte.

Les fluctuations irrégulières sont plus fréquentes lors de traite manuelle en relation avec des manipulations, massages des mamelles plus fréquents et des déposes des gobelets sans coupure du vide. Phénomènes de flux inversé, impacts sont susceptibles d'être observés dans ces contextes.

 

Analyse des contrôles des installations de traite

                  

25 % des installations sont équipées de dépose automatique. Une installation ainsi équipée a en moyenne 7 ans, un total de 27 postes pour 320 chèvres. Un tiers de ces installations sont en ligne haute. Les contrôles Dépos'traite concernent aujourd'hui 10 modèles de dépose automatique soit 60% des installations équipées.
 A fin 2016, 105 contrôles avaient été réalisés. Ils mettaient en évidence des durées de simulation de fin de traite de 100 secondes en moyenne ce qui correspond à environ 100 g/min.

78 % des installations contrôlées présentaient une hétérogénéité de fonctionnement entre les postes.

 

Les principaux problèmes constatés étaient liés :

  • à des électrodes encrassées (problème de nettoyage),
  • au montage des capteurs,
  • à des valves de coupure de vide défectueuses,
  • à des cartes ou connexions électroniques défectueuses

   

Enquêtes auprès des éleveurs

                  

Sur 75 éleveurs enquêtés, seuls 5 se disent insatisfaits, 3 n'utilisent plus leurs systèmes de dépose automatique et 12 ont dû revoir les réglages de leurs dispositifs.

Des problèmes de surtraite mésestimés ?

 

Pour plus d'information :