Sylvopastoralisme avec des vaches allaitantes
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Le bilan fourrager : un outil pour anticiper

Publié le par Roger Palazon (Institut de l'Elevage), Jean-Christophe Moreau
Il est important de bien discerner les priorités en matière de conduite alimentaire du troupeau pour essayer de dégager le meilleur revenu possible de la production de lait. La première d’entre elles consiste à ajuster les stocks fourragers aux besoins des animaux. C’est avec une ration de base en quantité suffisante, de la meilleure qualité possible et offerte à volonté que l’on peut produire un lait économique.

Le bilan fourrager, réalisé à intervalle régulier, permet de s’assurer de la bonne adéquation entre les stocks et les besoins de façon à anticiper les situations de déficit fourrager qui coûtent cher : un manque de fourrages détecté précocement peut se résoudre par des mesures « douces » étalées dans le temps. A l’inverse, un diagnostic tardif se règle avec des mesures plus radicales et plus onéreuses

 

D'ordinaire, on réalise un bilan fourrager soit en fin de printemps après la récolte des ensilages, des enrubannages et des foins soit en début d’automne, juste après la récolte des ensilages de maïs. Mais il peut être opportun de faire un suivi régulier pour procéder au plus vite à certains réajustements.

 

Estimer les besoins des troupeaux

 

En fin de printemps, il s’agit d’évaluer les besoins en fourrages stockés jusqu’au printemps prochain. Cette estimation repose sur une juste appréciation des effectifs de vache et de génisses présentes sur la séquence. C’est aussi l’occasion de se poser la question de l’ajustement des effectifs et de se séparer le cas échéant d’animaux à problème (vaches faibles productrices ou à cellules par exemple).

Pour les effectifs, il faut se baser sur le nombre moyen d'animaux par catégorie.

La détermination de la durée d'hiver, c'est à dire de la période durant laquelle les animaux ne reçoivent que des fourrages conservés, est assez aisée. Pour les vaches laitières par exemple, elle varie entre 160 jours en zone de plaine et 200 jours en montagne, auxquels il faut ajouter 30 jours à demi-ration (soit 15 jours de ration pleine) pour la transition de mise à l'herbe. La difficulté est l'évaluation du nombre de jours d'été durant lesquels il faudra aussi rentrer et alimenter les animaux sur stock et la part de cette complémentation.

 

Évaluer régulièrement les stocks

 

Il faut se mettre en situation d’évaluer les stocks au fur et à mesure des récoltes. On peut pour cela utiliser la fiche ci-joint qui donne des indications pratiques pour estimer les stocks.

 

Confronter les besoins et les stocks

 

La confrontation des besoins et des stocks permet de déterminer la nature et la quantité des fourrages à trouver en dehors de l'exploitation.

La grosse incertitude provient de la consommation pendant l'été et des rendements à venir du maïs ensilage. Procéder avec une hypothèse favorable et une hypothèse défavorable peut aider à cerner les marges de manœuvre.

 

Se donner des sécurités

 

Avec l’augmentation régulière des effectifs des troupeaux et la multiplication des accidents climatiques, il est important de s’assurer d’une certaine sécurité fourragère de façon à faire face aux aléas.

 

Un bon compromis serait de disposer, tous fourrages confondus, de 2 mois de stocks excédentaires soit d’environ 1 tMS de stock par UGB.

Attention, cette sécurité nécessite d’être régulée année après année : en condition normale elle se reporte d’une année sur l’autre ; après une année déficitaire il faut la reconstituer ; par contre en année pléthorique il faut ajuster les surfaces récoltées ou le nombre d’animaux élevés de façon à ne pas accumuler des stocks inutiles et coûteux.

 

Le bilan fourrager est un outil essentiel à la bonne gestion d’un troupeau laitier. Son intérêt se trouve renforcé s’il s’inscrit dans une démarche de plan fourrager prévisionnel à faire à la sortie de l’hiver et qui combine une prévision de pâturage et un bilan fourrager prévisionnel. Ainsi la confrontation des prévisions et de la réalité de l’année permet de réaliser les ajustements au fil de la campagne fourragère.

 

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