Obtenir la fiche en PDF
type de fiche

Produire plus de ressources protéiques

image page

Augmenter ses surfacesSFP ou SCOP

Difficulté
score difficulte 2
Délai
score delai 1
puce

Description et intérêts de ce levier

  • Accroître l’autonomie alimentaire et protéique du troupeau peut passer par l’augmentation des surfaces fourragères et/ou des cultures riches en protéines. A SAU constante, il faut modifier l’assolement et les successions (rotations) de cultures. Une alternative est l’accroissement de la SAU, qui ne sera pas traitée dans cette fiche.
  • Agronomiquement l’introduction de luzerne, de prairies temporaires ou de cultures protéagineuses (par exemple) permet d’allonger et/ou équilibrer les rotations. Il est ainsi possible de maîtriser plus facilement les risques de maladies des cultures, les adventices etde réduire la dépendance aux achats d’engrais minéraux et aux produits phytopharmaceutiques.
  • L’accroissement des ressources alimentaires auto-produites permet à l’éleveur de maîtriser la traçabilité des aliments donnés aux animaux.
fond de couleur pour titre section contenus de titre de bloc

Intérêt

puce de titre de bloc

Autonomie fourragère

image score 3

L’autonomie fourragère est améliorée, voire sécurisée: la luzerne, les prairies temporaires peuvent se cultiver dans de nombreuses régions de France.

puce de titre de bloc

Autonomie protéique

image score 2

Une fois les fourrages ou cultures incluant des légumineuses implantés, les besoins protéiques du troupeau sont plus facilement couverts.

fond de couleur pour titre section contenus de titre de bloc

Changement

puce de titre de bloc

Itinéraire technique

image score 0

L’impact des prairies temporaires, de la luzerne et des protéagineux sur les cultures se traduit par une réduction d’usage facilitée des phytosanitaires et de l’azote minéral à l’échelle de la rotation. L’implantation de la luzerne et des prairies doit en revanche se faire avec soin (rappuyer le lit de semence) car les graines sont petites.

puce de titre de bloc

Itinéraire zootechnique

image score 0

Les apports nutritionnels permis par ces fourrages riches en protéines doivent être pris en compte pour composer les nouvelles rations et la quantité de concentrés est à adapter.

fond de couleur pour titre section contenus de titre de bloc

Impact

puce de titre de bloc

Economique

image score -1

L’impact dépend de la conjoncture économique : le manque à gagner lié à la réduction des surfaces de cultures de vente peut être  compensé par un léger gain de rendement sur une culture suivant une légumineuse et des économies induites sur la fertilisation azotée et les pesticides (exemples de la suppression du blé sur blé moins productif, réduction de la pression en adventices, …). Cependant ces effets individuels sont parfois peu visibles, c’est leur cumul qui permet un effet positif, quand le prix des cultures est à la baisse. L’effet positif peut être réduit ou parfois négatif si les prix des cultures sont élevés. Cependant, les bénéfices agronomiques à court et long terme n’étant pas toujours pris en compte, dans les calculs, l’intérêt économique peut être légèrement sous-estimé.

puce de titre de bloc

Environnemental

image score 1

La réduction de fertilisation azotée permise en cultures, supprimée sur les légumineuses et celle des pesticides contribue à la réduction du bilan azoté à l’échelle de la ferme et de l’Indice de Fréquence de Traitements en phytosanitaires (IFT). Diversifier les cultures est bénéfique pour la biodiversité. Le développement de prairies temporaires pour l’élevage limite les pertes de carbone du sol.

puce de titre de bloc

Social

image score -2

L’introduction d’une nouvelle espèce végétale peut entraîner une réorganisation des chantiers et entrer en conflit avec certains d’entre eux ou la conduite du troupeau. A contrario une implantation de l’espèce à une période sans vêlages peut parfaitement s’intégrer dans des rotations très céréalières.

Augmenter ses surfacesSFP ou SCOP

fond de couleur pour titre section contenus de titre de bloc

En pratique

Accroître les surfaces en légumineuses fourragères : un équilibre économique et agronomique

Dans un système de polyculture-élevage allaitant naisseur-engraisseur en Normandie, avec 106 UGB de 157 ha, avec 42 ha de prairies naturelles et 7 ha de maïs une simulation d’introduction de luzerne a été réalisée. Elle induit un baisse des surfaces de céréales (4 ha) de maïs fourrage (2.3 ha) et un chargement qui passe de 2.2 à 2 UGB/ha. Au niveau animal des économies importantes sont faites sur les tourteaux de soja et globalement la consommation de concentrés passe de 551 à 424 kg/UGB. Le gain d’EBE est modeste, + 1600€, à production égale. . On peut y ajouter 700€ en incluant les gains agronomiques  rien que sur le blé suivant la luzerne.

Accroître les surfaces en protéagineux : économiquement en débat, agronomiquement solide

Cet exemple sur un système associant cultures et élevage allaitant en Rhône-Alpes a comparé 4 scénarios d’introduction de légumineuses : (1) luzerne, (2) soja, (3) pois et (4) féverole, et 3 hypothèses de prix : bas, moyens et élevés. La ferme comprend 135 UGB de 198 ha dont 8 en maïs fourrage et 70 ha en prairies temporaires et 120 ha cultures de vente. Hormis le résultat positif de la luzerne, l’introduction de protéagineux n’a pas d’effet positif sur l’EBE. Seuls les cas de prix bas sont moins défavorables ou équilibrés. Les économies d’engrais ne suffisent pas à compenser la baisse de production des cultures.

Figure 1 : effet de l’introduction d’une luzerne sur l’EBE (plaquette PAC Normandie)

                                               

  • La recherche d’autonomie permet ici de réduire les achats d’aliments de 37%.
  • L’enrubannage de luzerne peut accroitre le temps de travail, mais  recours possible à l’entreprise

Figure 2 : effet de l’introduction de légumineuses sur l’EBE (Laurent et al, 2015)

  • Réduction de 66 à 100% en besoins de tourteaux de colza
  • Ce système avec une forte proportion d’herbe dans l’assolement, réduit le risque de déstockage du carbone dans le sol et donc sa fertilité
fond de couleur pour titre section contenus de titre de bloc

Risques, limites, points de vigilance

Les rendements des protéagineux sont à considérer selon le contexte local : entre 30 qx au sud de la France pour le Pois et plus de 50 qx/ha au Nord, ils  peuvent favoriser plus ou moins l’intérêt économique de l’introduction des protéagineux. L’organisation du travail est à surveiller et il faut  parfois acquérir une nouvelle technicité, comme pour le fanage de la luzerne pour laquelle il faut aussi faire attention à l’acidité du sol qui ne lui est pas favorable.

fond de couleur pour titre section contenus de titre de bloc

Interaction avec d'autres pistes

Voir les fiches : « développer des rotations culturales (répondant à des objectifs de dépendance aux intrants) », « engrais de ferme », maîtriser la fertilisation minérale ».

Pour aller plus loin

Pour aller plus loin

puce de titre de blocPlaquette Réforme de la PAC 2015-2020 : impacts et perspectives d’adaptations pour les systèmes viande en Normandie

Accessible ici

puce de titre de blocEtude d’impact de l’introduction de cultures riches en protéines dans les exploitations de Rhône-Alpes

Laurent M et al., 2015